Bleu citron

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30 avril 2006

Où es-tu ?

globe

Géoloquoi ? Géolocalisation. Ça consiste à lier une position géographique à un site Internet, avec une latitude et une longitude. Par exemple, savoir que la pizzeria « La Gourmande » est située en 48.8565,2.3025, c'est-à-dire 48 degrés 51 minutes (60e de degré) et 23 secondes (60e de minute) de latitude Nord pour 2°18'9'' de longitude Est. Ou encore que la machine hébergeant ce blog est en 48.85814,2.30055.

Mais à quoi ça sert ?

Ça permet par exemple à un moteur de recherche de trier les résultats par proximité géographique : si je cherche « pizzeria » je trouverai le site web de celles qui peuvent me livrer. On peut également représenter facilement le maillage d'un réseau wi-fi. Ou localiser ses voisins blogueurs...

Comment ça marche ?

L'information est dans le contenu de la page : comme elle est destinée à être indexée, on s'assure d'abord que l'on a bien une métadonnée de titre (cf. DCMI), dont le contenu est en général le même que la balise html <title> (dotclear positionne cette balise par défaut) :

<meta name="DC.title" content="Titre de mon site" />

Ensuite une page géolocalisée contient simplement un méta-tag ICBM :

<meta name="ICBM" content="latitude, longitude" />

Pour l'anecdote ce charmant sigle signifie « InterContinental Ballistic Missile »...

Un nouveau système de balises a fait son apparition, baptisé Geo Tag, qui permet d'indiquer non seulement la latitude/longitude, mais également la région et le nom de l'endroit. Comme c'est une aberration du point de vue de la modélisation de données (chaque site Parisien doit répéter que Paris est dans le 75) je boycotte ce système.

Au fait pour trouver vos coordonnées il suffit de taper une adresse sur Google Maps puis de relever les coordonnées en faisant « Obtenir l’URL de cette page ».

Enfin vous n'avez plus qu'à référencer votre site sur un service de géolocalisation comme GeoURL ou feedmap, qui vous proposeront ensuite une liste des sites voisins.

22 avril 2006

Atoms for peace

Le printemps revient, c'est la saison des manifs. Alors que le soleil endormi semble encore hésiter à nous réchauffer de ses rayons dorés, d'aucuns n'hésitent pas à venir battre le pavé contre d'autres rayons. La semaine dernière, Cherbourg a été le théâtre d'une manif anti-nucléaire mondiale. Mondiâle, la manif ! Eh oui, « Sortir du nucléaire » revendique 720 associations, 41 pays... 12.000 manifestants selon la police. Ah c'est sûr, ça fait petit joueur après les manifs anti-CPE, le public est blasé, c'est comme diffuser un Bergman en VO un soir de finale footesque. En moins subtil. 720 associations, 12.000 personnes, ça fait une moyenne de 17 personnes par association. J'imagine la bande de potes qui se retrouvent le samedi soir, poster de Sai Baba au mur et tofu bio dans l'assiette, la guitare au coin du feu, un petit maté aux pissenlits et on planifie les week-ends sit-in à Flamanville ou camping à Cadarache...

radioactif

Mais ces manifs anti-nucléaires ont toujours lieu près des centrales ou des centres de retraitement. Jamais près des hôpitaux. Pourtant la radiothérapie utilisée pour traiter certains cancers s'appuie sur les rayons Gamma. Reçus à dose élevée ils provoquent des brûlures et des cancers, et il faut 20cm de béton pour diminuer leur énergie de 90%. Au cours d'un traitement de 5 semaines, la dose reçue peut aller jusqu'à 60 Gray. Ce qui sur la peau correspond à une dose absorbée de 600 mSv. Depuis août 2003 la dose annuelle maximale légale en Europe pour une personne travaillant sous rayonnements ionisants est de... 20 mSv. Pour la population, notamment celle vivant à côté d'une centrale, le maximum annuel est de 1 mSv. Quelques doses naturelles :

  • Irradiation cosmique
    • un aller-retour Paris-New York : 0,6 mSv
    • un an à 2000m d'altitude : 1 mSv
  • Irradiation terrestre
    • un an en Bretagne côtière ou dans le Massif Central : 1 mSv
    • un an dans l'état de Minaes Geraes au Brésil : 10 mSv

De plus les maisons en pierres de certaines régions comme le Finistère exhalent du Radon, peu radioactif mais l'exposition par inhalation étant beaucoup plus forte, un an dans une telle maison peu ventilée conduit à l'absorption d'une dose de 5 mSv. Avec tout ça, la moyenne en France est d'environ 2.5 mSv naturels par an. Et 5 fois plus dans certaines régions.

Donc autant les 1 mSv susceptibles d'être absorbés par les riverains d'une centrale c'est rien, autant les 600 mSv d'une radiothérapie, c'est énorme. Quand ça se passe bien. Car si le contrôle est très strict sur les installations nucléaires (tous les incidents sont publiés sur le site de l'ASN), ça semble un peu moins rigoureux dans les hôpitaux. Le 11 mars une patiente est morte après avoir reçu une dose mortelle en radiothérapie. L'enquête a « mis en évidence une erreur d'unité de mesure (cm au lieu de mm) dans la définition du champ d'irradiation, cette unité n'ayant pas été précisée entre deux opérateurs ». L'ASN a lancé une étude sur ce type d'incidents.

Bref c'est bien d'être vigilant sur les centrales, mais c'est un peu comme critiquer Arte parce que le Bergman est en VF, alors que TF1 diffuse le Bigdil.

17 avril 2006

HaCkEd

OWNED!

Pour mon assoce humanitaire j'ai mis en place un forum phpBB, sans le mettre à jour tous les mois comme l'aurait fait n'importe quel admin parano de base.

C'était sous-estimer le nombre de script-kiddies prépubères en mal de sensations fortes qui glandent sur Internet à la recherche d'un site sur lequel venir vomir leur purulente bêtise et leurs scripts tout frais sortis du numéro spécial Noël de l33t h4x0r magazine.

J'ai donc eu la joyeuse surprise de découvrir le forum bariolé d'une tête de mort (« où sont les flammes ? », aurait chanté l'autre) et d'un très inspiré « HaCkEd By MiCRoP And !_NoBLE_! ». Les connaisseurs apprécieront le style digne du fameux tRoU dU cULz' hiDEouT. Ces crétins n'ont même pas pris la peine de traduire le script si bien que lorsque l'on cliquait s'affichait un message en Espagnol...

Enfin le plus drôle reste que cet incident coïncide avec l'inscription d'un utilisateur « Hack » qui a pris soin de renseigner son adresse mail (maxan67@hotmail.com)... Alors soit c'est un leurre, soit je suis tombé sur un specimen de classe mondiale qui ferait fureur dans certains dîners du mercredi soir. Je penche pour la seconde hypothèse, d'autant que dans le cache de Google on retrouve cette adresse sur des forums de pirates en culottes courtes et de jeux vidéos. On apprend sur ces derniers que notre terreur boutonneuse est un Québécois de 15 ans... Allez je ne suis pas rancunier, je te souhaite très fort d'entrer enfin en 6e l'an prochain.

Et vivement la rentrée des classes, ça me fera des vacances.

16 avril 2006

Lycée Alexis Carrel

Les noms d'écoles ne sont pas le fruit du hasard. Le baptême d'une école, c'est une canonisation républicaine. Pourtant qui sait vraiment quels glorieux destins cachent les patronymes de son parcours scolaire ?

Pour ma part j'ai fréquenté l'école Marius Jacotot, l'école Saint-Joseph, le collège Marcelle Pardé, et le lycée Louis Pasteur.

Saint-Joseph et Louis Pasteur ça va, tout le monde connaît. Mais les deux autres ne sont même pas dans la Wikipedia !

Marius Jacotot fut maire de la ville de Puteaux, élu en 1925 et mort pendant son mandat 5 ans plus tard... C'est un exemple pour la jeunesse ça ? Tuez-vous à la tâche ! En fait l'école a été construite en 1937 et il devait avoir encore pas mal de copains au conseil municipal. Le rôle du copinage dans les choix politiques, belle pédagogie...

L'histoire de Marcelle Pardé est plus exemplaire. Née en 1891, elle devient directrice du lycée de jeunes filles de Dijon en 1935, et rejoint le réseau de résistance « Brutus » en 1939. Arrêtée le 3 août 1944, elle est internée à Fresne puis déportée à Ravensbrück où elle meurt d'épuisement en janvier 1945. Au lycée qui porte son nom depuis 1967 une plaque indique qu' « Un pays vit tant que ses enfants sont prêts à mourir pour lui. »

C'est quand même autre chose que « lycée du parc »...

11 avril 2006

No smiling, please

Black Ladies, Uwe Ommer

Pour aller en Inde il faut un passeport valable 6 mois après le retour, ce qui n'est pas le cas de mon passeport d'urgence made in La Paz. Ce matin je suis donc allé faire une demande pour un nouveau passeport. Ça tombe bien, depuis le 3 avril les Parisiens ont droit au passeport biométrique, qui permet d'aller aux US sans visa.

Il faut savoir que sans passeport biométrique, à moins d'avoir un passeport optique émis avant le 26 octobre 2005, tout voyageur pour les US a besoin d'un visa. Résultat l'ambassade annonce un délai minimum de 9 semaines, et recommande même d'aller chercher ce visa à Londres, Francfort, ou Rome si on est pressé ! Et je ne parle même pas du prix (85€)...

Bref ce nouveau passeport est beaucoup plus sûr. Si si, il contient une puce sur laquelle on va pouvoir stocker plein de trucs : d'abord la photo faciale, puis en 2008 les empreintes digitales, si ça se trouve un jour on pourra même voter avec !

Et comme il est beaucoup plus sûr, les pièces justificatives ont un peu évolué. En fait il y a deux différences : il faut un acte de naissance, et les règles sur la photo sont plus strictes. Le site de la préfecture de police indique que « l’expression du visage doit être neutre et la bouche fermée ». Les employés du guichet, par ailleurs adorables aux heures de faible affluence, ont très bien compris ce que ça voulait dire : il ne faut pas sourire.

C'est vrai quoi, si les terroristes sourient sur la photo, ils ont plus une tête de terroristes ! Pourquoi pas se raser la barbe pendant qu'on y est ? Non mais mettez-vous à la place des agents de l'immigration US à qui on a expliqué qu'on était en alerte rouge et qu'ils ont le destin du pays entre leurs mains fébriles. Ces héros vont nous faire une dépression s'ils ne voient passer que des touristes hilares. Alors donnons-leur de la trogne de terroriste, du faciès de gars louche, de l'oeil torve du type qu'on pourrait presque coffrer direct tellement sa tronche est un aveu. Le moral de ceux entre les mains desquels repose la sécurité du monde libre est entre vos zygomatiques.

Si j'en parle, c'est que justement sur les photos d'identité j'aime bien ne pas ressembler à un égorgeur lobotomisé au lexomil. Et le léger sourire qui éclairait mon visage a causé bien des troubles. Finalement après une discussion de spécialistes le jury a décrété que « normalement, ça irait » car je ne montrais pas les dents, et m'a juste demandé d'indiquer mon numéro de téléphone « au cas où ».

Bref faites la tronche, ça ira mieux.

10 avril 2006

Dewplayer

Dewplayer est un lecteur mp3 en Flash. Signalons qu'il est encapsulé dans le plugin Dotsound pour Dotclear.

L'occasion de diffuser une perle de l'Orient... attention ça pulse !

Paris-Bombay = 1.000 kg de riz

Ce week-end j'ai vu les copains avec qui je prépare un projet humanitaire en Inde pour juillet. Ça a été l'occasion de mises en situation intéressantes.

En particulier, un Indien me demande pourquoi je suis venu, vu que si je leur avais plutôt donné l'argent du billet d'avion ils auraient pu se payer un ouvrier/prof bien plus efficace que moi : ce qu'il veut c'est pas qu'on vienne le voir, c'est qu'on lui donne de l'argent pour financer ses projets.

Alors autant je crois en l'action locale plutôt qu'à des programmes parachutés depuis l'Occident, autant une relation qui se limite à la subvention ne fait que créer une dépendance. Car sans une relative autonomie financière des projets locaux, ce sont finalement les bailleurs de fonds qui choisissent quels projets se font en décidant ceux qu'ils subventionnent, et ce ne sont plus les priorités locales qui jouent.

Donc ok pour soutenir les actions locales, ça fait partie de notre démarche, mais on ne doit pas s'arrêter à cela : le dialogue et l'échange culturel peuvent apporter beaucoup des deux côtés. Déjà ils permettent à chacun de rencontrer un autre point de vue et d'élargir un peu sa réflexion. D'autre part ils nous permettent de mieux comprendre les actions locales pour appuyer les plus pérennes et pas forcément celles qui font le plus de pub. Enfin en mettant entre parenthèses le rapport dominant/dominé que l'on trouve souvent dans l'aide internationale, ils permettent à des populations méprisées dans leur propre région, les intouchables en l'occurrence, de prendre confiance en elles pour bâtir leur autonomie.